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Le château de Réoux

Le château de Réoux

Le château de Chateauneuf régnait de sa hauteur sur le Valromey. Mais Réoux, hameau de Songieu, possédait aussi son château autrefois. Le château est situé sur les hauteurs de la colline surplombant le moulin du même nom.

D'après l'Abbé GRINGOZ, Réoux viendrait de Rotaticum (rota : roue), impôt payer par le propriétaire d'un charriot pour circuler. Une hypothèse : roue de moulin ?

On le trouve écrit : Royou, Réou, Réouz, Réous et/ou Réoux.

Sa construction semble remonter, comme châteauneuf, au XIIème siècle.
Un chemin assez raide part du hameau jusqu'au pont-levis donnant accès à la porte d'entrée au premier étage. En effet, dans nos pays savoyard, l'accès à la tour se fait au premier étage.
A cette date il n'est constitué que d'un donjon carré ou rectangulaire. Afin d'en assurer la défense des fossés sont creusés y compris dans le roc sur plusieurs mètres tant en profondeur qu'en largeur.
Au XII ou XIVème siècle la demeure est agrandie : la cour est entièrement close d'une muraille sud-est et sud-ouest renforcée de deux tours rondes. Des maisons, avec caves et celliers, sont construites coté sud. Le château dans son ensemble mesure environ 70 mètres de longueur sur 27 de largeur. Le donjon ne sert plus que pour le défensif ou le replis. L'eau provient du lac des Alliettes sur Songieu. 

Il possède quatre façades, dont l’entrée est située coté Sud avec pont-levis, menant à la porte basse, en ogive, donnant accès au castel.
Les murailles, crénelées, construites en pierres de taille, sont redoutables et entourées d’un fossé. Au dessous du château se trouve des caves voûtées, dont on apercevait autrefois des anneaux en fer. Il sert, en effet, de prison du Valromey. Les anciens disent avoir connu les fourches patibulaires auxquelles étaient pendus les criminels.

A ce jour, il ne reste rien à part quelques traces visibles sur place ou sur le site « Geoportail ».

Humbert de LUYRIEU est propriétaire de Réoux en 1324, puis Perceval de LUYRIEU lui succède.
Ce dernier, sans enfant, lègue le fief à son cousin Claude du SAIX en 1431. Ce dernier décède en 1443, son fils Jean récupère la seigneurie. A son décès en 1475, Antoine du SAIX son fils lui succède. En 1482, la seigneurie arrive à Claude du SAIX, héritier, puis à son fils François, docteur en théologie. En 1561 il est reçu prévost en l'église de Lyon et revend Réoux.

Claude ODDINET en devient seigneur jusqu'en 1592, date à laquelle il revend le fief à Gaspard de MALYVERT,  seigneur de Conflans et de Corveissiat. 

La reprise de fief est datée du 05 juin 1602. Le fief consiste en un château et une maison forte. Il donne en bail la maison forte à Claude FAVRE, notaire d’Hotonnes, et à Pierre LYVET, avec condition de nommer des meuniers.
entre 1626 et 1654 le nouveau propriétaire engage de gros travaux de réparations. 

Le 03 juillet 1691, de par la mort de François de MALYVERT, écuyer, Melchior BRILLAT, conseiller du roi et son procureur au baillage du Bugey, se rend à Réouz (sic) accompagné de Jean François DUMAREST, greffier audit baillage. Ils ne trouvent personne car la Dame de CONFLANS, sa veuve, accompagnée du frère et de la belle sœur du défunt, ont accompagné le corps en l'église de Songieu. Ils reviennent après au château de Réoux.
Le 04 juillet se transportent de nouveau au château de Réoux. Ils sont reçus par Hyacinthe de MALYVERT, écuyer, seigneur de Réouz (sic) frère du défunt. Le testament écrit pendant sa maladie dont il est mort le nomme héritier universel. Au vu de son jeune âge, les scellés doivent être posés dans les maisons du défunt. Un inventaire sera aussi réalisé.
Le sieur de Conflans a mené lesdites personnes dans une chambre du château appelée sous Réouz. Il s'y trouve un lit garni de matelas, draps et couvertures ; une petite couchette et un matelas et sa couverture de pays. Une table bois, une chaise à bras de noyer, deux petites chaises de même bois. De là, ils sont rentrés dans la chambre nommé sur le poêle. il s'y trouve un lit bois noyer avec un vieux tour de lit, garni de son matelas, draps et couverture ; une table bois noyer, une couchette garnie. De là ils sont entrés dans une autre chambre coté du vent. Une table noyer, un lit et son tour, des draps gris, une catalogne blanche, garni des chevets, 6 chaises noyer tapissées, une couchette garnie la meublent. Ils passent ensuite dans une autre chambre coté du midi. S'y sont trouvés deux vieux bons lits, deux coffres de sapin, un petit lit de repos.
Des chambres ils sont descendus dans les tenaillers. Ils ont trouvé 6 cuves, 3 grandes et 3 médiocres. Les caves contiennent 30 tonneaux de différentes grandeurs, 4 barils et 6 bennes. La visite se poursuit par la grange avec une mère vache.
Le sieur de Conflans déclare qu'il se trouve dans la maison, 24 draps et une autre douzaine de draps.
Une chapelle est située proche de la maison. Il s'y trouve un calice d'argent, une chasuble, un missel, quelques petits tableaux.
Le 07 juillet 1691, Hyacinthe de MALYVERT, écuyer, seigneur de Conflans et autres places, dépose une requête auprès du baillage.
Le 20 du même mois, le procureur du roi et Pierre MICHAUD, notaire royal et capitaine châtelain du Valromey, se transportent au château de Réoux afin de lever les sceaux déposés.
Le sieur de Conflans, nous amène à une chambre appelée sur Réouz (sic) afin de confectionner l'inventaire des effets délaissés. Les sceaux ne sont pas brisés sur les divers meubles et serrures.
Le 23 juillet 1691, il faut vérifier les sceaux dans la maison de François de MALYVERT sise au village de Réoux.
Dans la chambre appelée le poêle, il s'est trouvé un coffre bois noyer dont les sceaux sont entiers comme les autres déposés dans la maison.
De nombreuses réparations sont réalisées au 17ème siècle. Cette famille en est encore propriétaire en 1650.
A la mort de François Marie de MALYVERT en 1752, la seigneurie revient à sa fille Louise Marie.
Elle se marie et amène en dot le château aux BROTTY d’ANTIOCHE.
A la Révolution, Claude François Gaspard de BROTTY d’ANTIOCHE (1750-1826) se retire à Nyons en Suisse. Les biens sont saisis et vendus.

Benoit CRUSSY, de Flaxieu, achète le 27 nivôse an III, soit le 16 janvier 1795, une maison dite château, grange, pré, jardin, plus une autre maison au dessus.

Le Baron REVERAT précise, en 1867, que "c’est un géomètre du pays qui l’habite. On y voit le château partiellement en ruine, avec ses belles caves et vastes écuries, ... et dans l’autre partie un beau portail en plein cintre, datée de 1654".

Le comte SEYSSEL de SOTHONOD, dans son livre sur Songieu, donne la liste des différents propriétaires du lieu :

Jean Marie TROCCON, de Songieu, rachète les ruines.
Sa veuve, Marie FRANCON, revend la propriété le 08 avril 1865 à Joseph LASSAUCE.
Etienne RANCHON achète le bien le 07 août 1906. 
Joseph ROSIOT prend possession le 16 juin 1929 du tout : "une partie du château consistant en une cave, écurie et cour et d'un pré dit "cimetière".
Puis Joseph MATELLET en devient propriétaire le 10 juillet 1933.
François PERRIER acquit la totalité des propriétés le 13 septembre 1938 et exploite les terres.

Début des années 40, le moulin de Réoux reçoit les scouts de Lyon, des photos ont été prises par la cheftaine de l'époque : Paulette PINGAND. Il ne reste que des ruines dudit château sur la butte.

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