Le Sappel ou Sappey
Cette maison est située au sommet du col du même nom au dessus de la Balme-sur-Cerdon en redescendant vers le Val de Rougemont. De ce château dépendaient la ferme de la Plaine, la Vacherie, est plus tard la verrerie et tuilerie.
Les premiers propriétaires seraient les chartreux de Meyriat, ce qui n'est guère étonnant car l'endroit est isolé et désertique.
La première construction semble être une maison forte avec une tour carrée que l'on peut encore deviner. L'habitation a été remaniée et on peut lire la date de 1790 sculptée au dessus de la porte d'entrée.
Après son rôle réservée à l'agriculture de montagne, plusieurs bâtiments se construisent pour passer à l'artisanat.
D'après le livre de M. G. CHABAUD, consacré au Sappel de La Balme, les différents propriétaires ou métayers sont :
- 0000 Jean Pierre BILLION ;
- 1796 Louis de FINANCE de CLAIBOIS ;
- 1878 Jules GOY et Marie Léopold RADIER ;
- 1885 La Marquise Elisabeth Phélise JACQUIER de TEREBASSE épouse du Marquis Esprit Boniface Lionel de CASTELLANE NORANTE ;
- 1903 Charles MENIGOZ puis sa fille épouse CHAMPLAY ;
- 1916 Pierre PERRICHON ;
- 1917 Philibert GAMET ;
- 1918 Eugène CHALENCON ;
- 1925 Charles EMORINE ;
- 1926 Camille Danoiel FOIRY ;
- 1939 Société SNC Henri et Albert BRISAC ;
- 1940 le Comte Charles Albert de BOISSIEU ;
- 1955 Louis Marcel GEOFFRAY et ses héritiers ;
- 1963 Mme ARNAUD et son fils
Jean Pierre BILLION ouvre la première verrerie en 1788. Il est le fils de Jean Baptiste, maître verrier, marié avec Françoise MAUGY de MONTORSIER, fille du maître verrier d'Aranc. Les ruines de la premières exploitations sont encore visibles au milieu des taillis.
Louis de FINANCE de CLAIBOIS, originaire de Lorraine, achète la propriété en 1806. Se succèdent Louis Auguste et Clément Victor de FINANCE de CLAIRBOIS. Ce dernier y installe une tuilerie en 1825 afin d'exploiter l'argile local.
En 1825, les héritiers d'Honoré François Henri de MONTILLET Marquis de GRENAUD, réclament les indemnités sur les biens saisis pendant le Révolution française, dont ceux du hameau du Sappel.
Sur le site des Archives de l'Ain, on peut étudier les recensements de 1896. La famille BUIRRON occupe le domaine. Joseph est terrassier potier. Il est avec sa fille, sa petite fille et son petit fils. Il partage le travail avec le couple BOUILLEUX, dont lui est terrassier et leurs deux enfants.
Le journal l'Abeille du Bugey et pays de Gex, relate dans son édition du dimanche 24 juillet 1904, l'incendie qui a ravagé la tuilerie. En début d'après midi, le 21 juillet en début d'après-midi, le feu est parti d'un four pour cuire les tuiles.. Tous fut détruit, bâtiment et matériels.
Le dénombrement de 1906, aux Archives Départementales de l'Ain, donne comme métayer du domaine le couple Suisse avec leur fils, accompagné de six domestiques. En 1911, la ferme est gérée par un régisseur Suisse M. STOEKLIN, son épouse et son fils, aidé par six domestiques et un ouvrier (deux Suisses et un allemand). L'annuaire du département de 1913 donne M. YEMENIZ Georges de Lyon, et celui de 1914 M. CHAMPELAY, de Lons-le-Saunier, propriétaire du Sappey. Le recensement de 1921 nous renseigne sur les habitants de la ferme du Sappel. Le propriétaire GAUTHIER emploie un couple Suisse aidé de deux vachers et un berger. Le Sappel est habité en 1926 par la famille DENUZIERE composée du couple et ses deux filles. Un garde particulier gère aussi le domaine, accompagné de son épouse. Comme en 1925 le Sappel est la propriété de M. EMORINE. L'annuaire du département de l'Ain de 1927 donne M. FLORINE de Dijon comme propriétaire au Sappel. En 1931, le domaine est géré par CHARDON Clémentine, patron cultivatrice, aidée par onze domestiques (cultivateur, deux vachers, mécanicien, porcher, charretier, cuisinière, gouvernante et une ouvrier agricole) ; dont deux Italiens et trois Suisses. Le régisseur vend des chevaux le 27 juillet 1924.
En 1933, M. FOIRY passé une annonce dans le journal la laiterie française pour y vendre des porcs, truies et gorrets. Une autre annoce est passée pour vendre une jument de 12 ans dans le Petit Gessien le 08 janvier 1931.
Le recensement de 1936 fait état de 16 personnes vivant sur le domaine. Le couple DENIZIERE avec 2 filles, comme patrons cultivateurs ; un autre couple FOIRY agriculteurs, sans enfants, avec deux domestiques et leur enfant et un employé. La propriété étant grande un couple de Polonais nommé FRANCZAK y réside comme agriculteur avec 3 enfants.
Pendant l'occupation, la maison est propriété de la famille de BOISSIEU. La ferme est exploitée par la famille JACCARD. Celle-ci embaucha les MONNEY en 1939. Puis le Comte mis deux métayers et deux baux : JACQUARD et DUPERREX, tous agriculteurs originaires de Suisse. L'entente entre les deux exploitants n'est pas au beau fixe. Monsieur le Comte gère le domaine en bon père de famille, et prend son rôle d'arbitre très à coeur. Le mariage de la fille JACCARD et du fils MONNEY, resserra les liens entre eux.
Mais la guerre vient tout précipiter.
Située à mi chemin entre Lyon et Genève, en pleine montagne et totalement isolé, c'est un endroit idéal. Entre 1942 et 1944, sous l'impulsion du pasteur lyonnais Roland de PURY et des réseaux de résistance locaux (notamment Paulette Mercier), le domaine devient une plaque tournante pour le sauvetage des Juifs. La maison possède une vingtaine de couchage qui servent de base arrière, de transit secret et de séjour pour les enfants juifs. Trois membres de la famille JACCARD reconnus par le comité Yad Washem en 2007.
En 1955 la famille GEOFFRAY achète le domaine et met en demeure les exploitants de partir du lieu. Il en exploite les terres, en revend quelques unes, mais la maison ne l'intéresse pas. Il cherche un acheteur.
En 1963, Mme ARNAUD et son fils se portent acquéreurs du château et de quelques terrains attenants. Ils décident de réaliser des travaux, d'ouvrir un restaurant, un hôtel et une boite de nuit. Cette dernière fut le premier lieu ouvert, installée dans les caves de la demeure. Le succès est au rendez vous ! Ce qui n'est pas le cas pour l'hôtel et le restaurant. Les propriétaires n'arrivent pas à faire face aux dettes. En 1969, leurs biens sont saisis et vendus aux enchères.
On retrouve l'hôtel restaurant et le cabaret dans l'indicateur FOURNIER de l'Ain de 1967-1968.
En 1970, le Père WRESINSKI, fondateur d'ATD Quart Monde, visite le site. Le lieu lui inspire quiétude. Le lieu devient une colonie de vacances pour enfants et un lieu de prières.
Mme et M. DAVIENNE gèrent complètement la demeure entre 1981 et 1989, puis de 2011 à 2023.
La communauté du Sappel est fondée en 1989. Elle est reconnue par l'église de Lyon. Son but est de réunir des familles en situation d'exclusion. Elle s'adresse à ceux qui veulent prier et réfléchir sur la place des pauvres dans la vie de l'église.
Je vous conseille la lecture du livre "le Sappel à Labalme un lieu, des hommes, une mémoire" de G. CHABAUD paru en 2026
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